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Cadavre Exquis des entrepreneurs

« L'idée inadmissible procrastine la solitude réussie »

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Troisième chapitre


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...Le jury s'efface autour de moi. Je monte les marches. Une par une, je monte, d'un air décidé. Le sourire sur le visage et un air chic. En tout cas, j'espère bien avoir l'air chic, avec ce costume acheté pour l'occasion - qui m'a mis à découvert - et ma cravate rouge vif. Je n'imaginais pas avoir des propositions, seulement quelques semaines après mon pitch. Mais rien n'était joué, il me fallait encore le convaincre de signer un partenariat.

A peine entré dans l'hôtel, je l'aperçois. Je l'ai reconnu tout de suite, j'avais acheté sa biographie pour 6 euros sur internet.
Je lui serre la main.

« Bonjour ! »
« Bonjour, monsieur Grabat ? »

Il vient de prononcer mon nom. Dans sa bouche, ça ne sonne pas très bien. En même temps, il n'y a pas 10 manières de prononcer mon nom de famille. Grabat.

« Heureux de faire votre connaissance monsieur Sequelles. »
« Allons nous asseoir. » me dit-il tout en me montrant une table non loin de là.

Monsieur Sequelles est un soixantenaire grisonnant au costume impeccable et au ventre rond. Il est sûr de lui et remet en place ses lunettes rondes lorsqu'il s'exprime.
 
Une fois assit, il prit la parole.

« Nous n'allons pas y aller par quatre chemins. Votre idée est révolutionnaire. Vous avez fait plier une armée de business angels en obtenant votre levée de fonds, et ce en quelques heures seulement. Quel est votre secret monsieur Grabat ? »

Un sourire s'esquisse sur mon visage. Avant que je n'eu le temps de répondre, il renchérit :

« Sans doute votre sens de l'humilité. »

Le silence s'installe, le temps que chacun commande. Il va aux toilettes. Je ne peux m'empêcher de penser au but de cet entretien : faire décoller la startup. J'ai l'impression que c'est facile, qu'il n'y à rien a lui dire. Il sait déjà tout. Si je veux décrocher ce partenariat, il faut que je redouble d'effort. J'ai un mauvais pressentiment. Comme si monsieur Sequelles allait vouloir profiter du concept sans que j'y gagne quelque chose. Je délire. Mon esprit vagabonde jusqu'à apercevoir la serveuse. Elle est plutôt mignonne d'ailleurs. Il revient des toilettes. Nous allons en avoir le cœur net d'ici quelques minutes. 

Le serveur arrive avec l'entrée. Nous échangeons à propos de nos vies respectives, lui, un millionnaire père de 3 enfants et marié avec "une femme charmante mais chiante" selon ses propres mots, et moi, un jeune à peine sorti de l'école.

« De quelle école d'ailleurs ? »

Je fini de mâcher avant de répondre. Je commence à m'étouffer.

« Monsieur Grabat ? »

En face de moi, monsieur Sequelles n'en mène pas large.

« Monsieur Grabat, je vous rappelle que nous allons signer un accord, ce n'est pas le moment de passer l'arme à gauche. »

L'assistance est effrayée de me voir ainsi prendre des couleurs. Une femme crie. La serveuse mignonne se rue à mon secours.

« Monsieur ? » 

« Monsieur Grabat, vous pouvez commencer à parler. » 

Je prends une inspiration. Un battement de cil. Le pitch peut commencer.

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Arthur Lacoste

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le 5 juillet 2010
depuis Grenoble, France

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